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D’où viennent les pulsions alimentaires ?

Les pulsions alimentaires prennent souvent corps pendant l’enfance et l’adolescence à la suite de dérèglements ou de bouleversements traumatiques. Chez MY ADDIE, nous ne prendrons pas le rôle de traiter les causes profondes pouvant être à l’origine de ces pulsions addictives à la nourriture mais nous ne pouvions en faire totalement l’impasse.

Alexia souffre de pulsions alimentaires depuis 6 ans. Le regard de ses parents sur son corps l’a d’abord poussé à perdre du poids. Jugée « un peu trop grosse », elle perd alors quelques kilos et commence à mettre son nouveau corps en avant, notamment sur les réseaux sociaux. S’en suivent une avalanche de critiques et un harcèlement constant de la part de ses camarades au lycée. Une longue chute s’amorce, ponctuée de plusieurs événements, qui vont la précipiter dans la pulsion addictive à l’alimentation. Son petit ami de l’époque la quitte notamment sous prétexte qu’elle est devenue trop grosse et sa famille n’a de cesse de vouloir l’envoyer en « cure ». Elle tombe alors en dépression, état dans lequel elle est toujours aujourd’hui et nous confie « manger ses émotions depuis toutes ces années ».

Les pulsions alimentaires prennent souvent forme dans l’enfance

C’est la plupart du temps au cours de l’enfance ou de l’adolescence, des périodes cruciales de la construction identitaire, que les pulsions addictives à la nourriture, comme les troubles alimentaires, trouvent leur origine. Il faut déjà savoir que les causes sont multiples, complexes et interagissent souvent entre elles. En d’autres termes, les pulsions alimentaires sont déclenchées par plusieurs facteurs qui s’entremêlent dans la vie d’un individu comme dans l’exemple d’Alexia.

Mais quelles sont ces causes ? Elles peuvent être génétiques, environnementales et/ou psychologiques. Tout d’abord, des prédispositions génétiques ou une modification de l’activité des gènes par l’environnement, survenues durant la gestation, l’enfance, voire tout au long de la vie, sont susceptibles d’entraîner des pulsions alimentaires. Cela peut être l’état nutritionnel de la mère pendant la grossesse ou encore un événement stressant vécu au moment de l’enfance qui vont altérer des gènes importants dans la régulation du stress et le contrôle des humeurs et de ces fameuses pulsions.

L’environnement a lui aussi un impact considérable dans l’éventuel déclenchement des pulsions alimentaires. Il s’agit de l’environnement dans lequel grandit l’enfant, des habitudes alimentaires qu’il prend, mais aussi des références véhiculées autour de lui et qui vont plus ou moins le pénétrer. La référence au corps mince en tant qu’idéal étant largement véhiculée, certains enfants et adolescent.e.s vont y être plus sensibles que d’autres lors de la socialisation primaire en raison de leurs cercles familiaux et amicaux.

Des causes psychologiques entrent également en cause dans les pulsions alimentaires. Ainsi, des événements traumatiques, comme une situation de harcèlement, une rupture amoureuse ou encore un décès peuvent se traduire par des pulsions alimentaires en compensation d’émotions difficiles (dépression, anxiété, détresse…).

Quant au basculement vers la pulsion addictive, il a souvent lieu lorsque la personne s’impose une restriction calorique prolongée. Le régime est donc le premier déclencheur. On le voit d’ailleurs avec l’expérience d’Alexia qui, pour réussir à soutenir le regard de ses parents et de ses camarades, a d’abord cherché à perdre du poids avant d’entrer dans un engrenage en alternant boulimie et hyperphagie. De la même manière, un régime restrictif depuis l’enfance par les parents qui peuvent dire à l’enfant que certains aliments sont « interdits » conduira presque fatalement à la pulsion lorsque ce dernier va grandir. 

Enfin, il arrive un moment où les causes et les conséquences des pulsions alimentaires s’entretiennent. Car ces pulsions ont notamment une influence négative sur l’estime de soi, peuvent nuire aux relations sociales ou à la sphère professionnelle, la sphère sexuelle   et entraîner à leur tour  anxiété et dépression.